Comment comptez-vous lutter contre la spéculation foncière sur les parcelles privées en forêt usagère, qui conduit certains propriétaires à transformer en or des cabanes devenues résidences secondaires ?

La question est éminemment claire. Elle pose quand même problème, parce que vous êtes en train de nous demander comment on peut bloquer une transaction qui a lieu entre deux personnes privées qui se sont mises d’accord sur la chose et sur le prix. C’est ça, la question.

La nature, on est dans le cadre de l’urbanisme et de la police du maire. Là, ce n’est pas pareil. Là, ce n’est pas pareil. Il y a deux phases : il y a la transaction et puis après, il y a le changement de nature. Le changement de nature, je pense, intervient une fois que l’achat est effectué.

Si c’est sur le change…, ça m’arrange. Si c’est sur le changement de nature, on est sur le thème de police du maire, et on constate, il faut le dire si nécessaire, l’actualité démontre régulièrement que s’il y a des opérations qui sont réalisées non conformes à la réglementation en matière d’urbanisme, je suis tenté de dire que c’est assez simple, ça ne pose pas de difficulté.

Aujourd’hui, vous savez, il y a un problème de fond sur les cabanes. Je suis en train de me battre pour les reconstruire. Je me battrai jusqu’au bout. Mais sur l’ensemble des cabanes, il faut savoir qu’il y a un inventaire qui a été fait, je crois, en 2007, et une bonne partie des cabanes ne correspondent plus à l’inventaire.

Les cabanes autrefois, ce qu’on appelait la cabane de résinier, globalement, c’était  42 mètres carrés, et bon, c’était vraiment petit. Aujourd’hui, on a des cabanes qui font plus de 100 mètres carrés. Il y en a une, on a fait allusion tout à l’heure, il y en a une qui était affichée dans une agence immobilière à 880 000 euros, et on sait qu’il y a du AirBnB à 700 euros la nuit. Je le combats, ça. Je le combats, parce que ça, c’est détruire notre patrimoine, et c’est détruire l’idée de la forêt usagère. Ça, je le combats.

Donc moi, je bataille auprès des services de l’État pour que les cabanes brûlées puissent être reconstruites, d’abord, parce que quand on me dit, c’est un courrier aujourd’hui qui a été fait par l’ancienne préfète, quand elle dit que les gens dont les cabanes ont brûlé, si elles reconstruisent, ils vont être en danger, et je dis, là, c’est un peu l’ancien assureur qui parle, mais celui qui n’a pas brûlé, qui y va tous les dimanches, donc vous le laissez se mettre en danger. Alors, quelque part, il faut être un peu logique.

Mais moi, je souhaite que les cabanes soient reconstruites selon la forme de l’inventaire, c’est-à-dire à l’identique de ce qui a existé autrefois, avec l’airial. Donc après, les transactions de cabanes, quelque part, je veux dire, moi, je serai d’avis de… Parce que celui qui va acheter la cabane, inévitablement, il va demander des travaux, il va vouloir faire des améliorations, et je lui refuserai. Moi, je refuserai, quoi. Je n’ai pas d’autre solution si elle ne correspond pas à la cabane à l’identique de ce qui a existé autrefois. Voilà, si la cabane fait 100 mètres carrés alors que sur l’inventaire, elle en fait 40, je lui dirai : « Monsieur, vous allez faire des travaux pour la ramener à 40. » Voilà.

Votre question, elle n’est pas très simple, je ne sais pas si c’est ça.

Je me garderai bien de donner un avis sur l’urbanisme de La Teste, parce que celui de Gujan est déjà assez compliqué. Donc voilà, c’est dans l’idée de ne pas transformer la forêt usagère en parc de loisirs, de limiter les accès, de limiter les activités qui sont autorisées à l’intérieur, mais ça, effectivement, c’est plutôt mes collègues ou futurs collègues de La Teste qui devront s’en occuper.

Bon, je ne vais pas y revenir. Les sujets ont déjà été abordés en termes de réglementation sur le code de l’urbanisme et la place de la police au niveau du maire de La Teste en particulier, jusqu’à preuve du contraire. Je pense que les cabanes, pour moi, elles ont raison d’être, historiquement. Bon, il n’y a rien qui se conteste là pour. Moi, je trouve que c’est une évidence, tant qu’elles restent évidemment à dimension réglementaire dans un processus qui est parfaitement établi, il faut aller veiller à des transactions. Donc là-dessus, je crois qu’il faut trouver cet équilibre, ce n’est pas simple, je ne dis pas le contraire, mais il ne faut pas d’abus, c’est comme d’habitude.

Dans ce pays, dès qu’on commence à baisser un peu la main, on prend le bras et ainsi de suite. Donc il faut être sérieux, et ça, c’est le rôle du maire qui doit être capable, je pense, de dire clairement : « Stop, ce que vous faites là n’est pas réglementaire. » Et à partir de là, on fait le ménage.

Je n’ai pas dit que c’était… Voilà, il faut un moment… Les propriétaires ont des devoirs aussi, ils ont des droits, mais ils ont des devoirs. Donc je pense qu’à partir du moment où on a une cabane, moi, je pense qu’elle a raison d’être historiquement dans le patrimoine que représente notre forêt. Il m’est arrivé de passer des soirées dans des cabanes, on passe des très bons moments, on passe des journées assez exceptionnelles dans un cadre magnifique, mais pour autant, ça ne doit pas être un abus de se retrouver à faire de la spéculation au travers de cette situation. Ce n’est pas l’objet, je ne le pense pas.

Pas beaucoup plus de commentaires, si ce n’est qu’on a chacun nos cabanes. Moi, ça me fait penser à nos cabanes ostréicoles, où effectivement, la nature humaine est très créative, et nos cabanes ostréicoles évoluent aussi dans un certain sens qui n’est pas forcément celui du patrimoine.

Il y a un risque spéculatif, c’est évident. On n’en est pas encore aux extrémités qu’on peut rencontrer de l’autre côté de l’eau sur l’Herbe, par exemple. Et on sait que nos cabanes, elles s’échangent de plus en plus cher.

Difficile pour les pouvoirs publics et pour une collectivité mairie de venir juguler ce phénomène. C’est les libres transactions entre particuliers. La part préemptée, je ne vois pas très bien ce qu’on peut faire. Mais après, une fois que la cabane existe, qu’elle vit, effectivement, c’est à la mairie d’empêcher qu’il s’en fasse n’importe quoi et qu’elle puisse s’agrandir, augmenter son confort de façon délirante.

Ça, c’est une vigilance de chaque instant. Mais j’ai envie de dire, limiter le phénomène spéculatif en forêt usagère, ça passe par déjà montrer l’exemple. Quand on est maire de La Teste, c’est-à-dire de ne pas acheter à 3 000 euros l’hectare de la terre de forêt non productive, ça, c’est augmenter les prix.